dimanche 24 mai 2026

Hantavirus : vaccins, traitements… Où en est la recherche ?

 



Véronique Hunsinger remarque en effet dans Le Parisien : « Comment lutter contre l’hantavirus des Andes ? […] Les représentants de l’ANRS-MIE, l’agence publique de recherche sur les maladies infectieuses émergentes, se sont réunis lundi 11 mai […] pour coordonner le lancement de nouveaux travaux scientifiques sur cette gamme de virus ».

Le Pr Hervé Raoul, directeur de recherche à l’Inserm et directeur adjoint de l’agence, fait savoir : « Nous avons essayé d’identifier les points de recherche prioritaires, depuis la question de la transmission du virus jusqu’au développement de traitements et éventuellement de vaccins. Nous avons commencé par établir un état des lieux, pour voir sur quoi il va falloir mettre l’accent prochainement ».

Le praticien ajoute que « la dégradation du patient peut être très rapide. Ces signes cliniques sont dus à une “fuite capillaire” : le plasma contenu dans les vaisseaux sanguins s’écoule et noie le poumon »

Bénédicte Lutaud dans un article publié sur Le Figaro précise ainsi qu’« en France, 22 cas contacts ont été identifiés : 8 passagers du vol Sainte-Hélène-Johannesburg, où se trouvait la patiente néerlandaise décédée - épouse du premier cas déclaré à bord, lui aussi décédé - et 14 passagers d’un vol Johannesburg-Amsterdam. Tous doivent s’isoler et un décret publié lundi impose des conditions de quarantaine «strictes», pouvant aller jusqu’à 42 jours ».

La journaliste note que « l’OMS martèle que la situation n’a rien à voir avec le début de la pandémie de Covid-19, mais l’évacuation des passagers et le suivi minutieux de cas contacts aux quatre coins du globe ravivent certaines inquiétudes ».

Bénédicte Lutaud explique que « lors de la première phase du syndrome cardio-pulmonaire, les patients présentent des symptômes pseudo-grippaux : fièvre, maux de tête, courbatures, douleurs abdominales et troubles digestifs. Après 3 à 5 jours - plus rapidement parfois -, «la maladie évolue vers une insuffisance respiratoire foudroyante qui requiert une ventilation mécanique ou une assistance circulatoire, souligne le Pr Hatem Kallel, chef du service de réanimation au CHU de Cayenne, en Guyane ».


Véronique Hunsinger rappelle qu’« il n’existe aucun traitement spécifique des hantavirus à ce jour ». Le Pr Raoul indique ainsi : « Comme souvent, on est très démuni face à un virus émergent. Il y a certainement des solutions qui vont être explorées avec des médicaments qui existent déjà et très probablement en les combinant les uns avec les autres ».

La journaliste note que « comme pour le Covid en 2020, des antiviraux vont être regardés. Dans le passé, la ribavirine avait été essayée sur les infections à hantavirus, mais sans succès. Des anticorps pourraient également être des candidats possibles ».

Elle ajoute que « s’agissant des vaccins, un seul existe actuellement mais il vise uniquement une souche présente en Asie. C’est l’Hantavax, un vaccin atténué comme celui de la grippe, élaboré et utilisé en Corée du Sud, mais dont l’efficacité dans le temps s’est révélée décevante ».

Véronique Hunsinger s’interroge : « Et un vaccin à ARN messager comme contre le Covid ? ».

Le Pr Raoul déclare que « c’est une piste qu’on ne peut évidemment pas ignorer. Mais on va tout regarder, y compris la possibilité d’utiliser des anticorps de manière préventive chez les personnes qui sont cas contact d’une personne maladie pour éviter qu’elles ne développent l’infection ».

Le chercheur remarque en outre qu’« il y a probablement des choses qui vont être étudiées à partir de cette épidémie, même si le contexte est évidemment très particulier car sur un bateau de croisière le niveau de proximité entre les personnes est très important. L’idée est aussi d’évaluer si les notions dont nous disposions en particulier sur les modes et la vitesse de transmissions du virus sont corroborées dans cette nouvelle épidémie ».

La journaliste relève que « les chercheurs espèrent aussi mieux comprendre quels sont les facteurs prédictifs de gravité de la maladie. S‘agissant du diagnostic, les experts de l’ANRS estiment que les médecins sont «plutôt bien armés en terme technique» ».

Le Pr Raoul observe ainsi : « On peut faire des PCR facilement et en France nous avons la chance d’avoir un centre de référence sur les hantavirus au sein de l’Institut Pasteur, ce qui nous permet en plus de caractériser assez rapidement les virus ».


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