Véronique Hunsinger note en effet dans Le Parisien que « pour la première fois, des chercheurs ont présenté […] au congrès de la Société européenne de cancérologie à Madrid (Espagne) des résultats positifs pour un vaccin thérapeutique. Moderna devrait pouvoir rapidement déposer une demande d’autorisation de mise sur le marché de son produit qui soigne le mélanome ».
La Dre Édith Borcoman, oncologue spécialiste à l’Institut Curie à Paris, réagit : « C’est une prouesse technologique. Mais surtout, on se dit que cela va être possible de fabriquer un vaccin en routine ».
La journaliste observe que « le produit de Moderna est le premier à franchir la ligne d’arrivée de la publication de résultats positifs d’une étude de phase terminale. Mais d’autres travaux suivent derrière et le potentiel semble extrêmement prometteur. La chercheuse de Curie travaille notamment sur un vaccin thérapeutique contre les cancers de la bouche, du pharynx et du larynx avec le laboratoire strasbourgeois Transgene ».
La Dre Borcoman précise que « ce sont des patients à qui on doit faire une chirurgie lourde et une radiothérapie. Mais malgré cela, ils ont malheureusement un risque de récidive élevé ».
Véronique Hunsinger note que « le vaccin à l’étude est également un vaccin personnalisé à partir d’un échantillon de la tumeur du patient ». Édith Borcoman explique qu’« un procédé d’intelligence artificielle va permettre, comme pour le vaccin de Moderna contre le mélanome, d’identifier les mutations génétiques propres aux cellules cancéreuses ».
« Pour l’instant, on a des résultats de phase d’étude préliminaire sur une trentaine de patients, mais ils sont prometteurs et le vaccin est bien toléré », continue la chercheuse.
Antonin Morillon, directeur de recherche à l’Institut Curie « qui travaille sur un projet de vaccin pour soigner le cancer du pancréas », remarque : « Voilà 20 ans que nous travaillons sur la face cachée du génome, c’est-à-dire les 98% du génome humain dont on a longtemps cru qu’il ne servait à rien parce qu’ils ne codaient pas de protéine. Depuis une quinzaine d’années, on a commencé à découvrir qu’il n’était pas du tout inerte ».
Le Dr François-Xavier Danlos, du département de l’innovation thérapeutique et des essais précoces de l’Institut Gustave Roussy, note pour sa part que « le vaccin contre le mélanome, c’est un succès après des décennies d’échecs. Mais l’ARN messager n’est que l’une des nombreuses technologies vaccinales évaluées en cancérologie ».
« Et de citer, entre autres exemples, les vaccins peptidiques. Autrement dit des injections de fragments de protéines des tumeurs, appelés peptides, que le système immunitaire peut apprendre à reconnaître pour éliminer les cellules cancéreuses. Un produit est en cours d’évaluation dans les cancers du poumon et de l’ovaire », continue Véronique Hunsinger.
La journaliste conclut ainsi : « Les années 2010 avaient vu l’émergence des immunothérapies qui ont considérablement changé le pronostic de nombreux cancers. Un nouveau chapitre s’ouvre aujourd’hui avec les vaccins thérapeutiques qui pointent le bout de leur nez. Une thérapie ne chasse pas l’autre. Elles se complètent ».
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