dimanche 5 février 2012

Les infirmiers devront mettre à jour leurs connaissances tous les ans

A partir de 2012 infirmiers et aides-soignants, comme les autres professions paramédicales et médicales, devront participer chaque année à un programme de Développement professionnel continu.
Un décret publié fin décembre introduit l’obligation de participer annuellement à un programme de développement professionnel continu (DPC), dès 2012.
Une petite révolution pour les infirmiers qui contrairement aux médecins n’avaient pas jusqu’à présent une formation continue imposée. Le DPC va d’ailleurs au-delà de la seule formation puisqu’il inclut également d’autres formes d’action.
Le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, et la secrétaire d'Etat à la Santé, Nora Berra, rappellent d’ailleurs dans un communiqué que cette « mise à jour des connaissances est un facteur essentiel de la qualité des soins ».
Qui est concerné ? Quelle prise en charge ?
Tous les infirmiers, salariés et libéraux, actuellement en exercice doivent désormais réaliser un programme de DPC par an. Les établissements, pour les salariés, et les instances ordinales, pour les libéraux, seront chargés du contrôle du respect de l’obligation.
Compte tenu des rapports conflictuels entre l’Ordre et les syndicats de libéraux, dont la majorité appelle au boycott, cette attribution risque fort de passer à l’as. Mais au moins une fois tous les cinq ans le directeur de l’Agence régionale de santé doit aussi s’assurer que les infirmiers libéraux ont bien réalisé leur DPC annuel.
En cas de non-respect de l’obligation de formation, les employeurs ou le directeur de l’Agence régionale de santé, peuvent après enquête prendre des sanctions disciplinaires.
Les actions liées au DPC seront prises en charge au titre du dispositif de formation professionnelle tout au long de la vie pour les salariés. Les libéraux recevront des « chèques DPC » dont le montant forfaitaire sera fixé par la commission paritaire de l’Organisme gestionnaire du DPC (OGDPC). Ces chèques qui seront distribués chaque année permettront de financer les actions faites dans le cadre du DPC.
A quoi ça sert ? Quelles actions sont concernées ?
Le développement professionnel continu doit « permettre  l’analyse des pratiques professionnelles et également l’acquisition ou l’approfondissement de connaissances ou de compétences » explique-t-on à la DGOS.
Les programmes dont la forme et les modalités seront fixés par la HAS intègreront donc aussi bien des actions de formation, des colloques ou d’autres actions comme les réunions pluridisciplinaires de concertation ou des évaluations des pratiques professionnelles. « Nous souhaitons également décloisonner les actions et faire en sorte que plusieurs spécialités se rencontrent. Par exemple regrouper un chirurgien vasculaire et des infirmières libérales d’un réseau de soins plaies/cicatrisation ».   
Qui va gérer ça ? Quels programmes ? Quels garde-fous ?
Ce seront des organismes enregistrés par l’Organisme gestionnaire du DPC et évalués favorablement par les commissions scientifiques indépendantes qui seront chargés de mettre en œuvre les programmes de DPC selon une orientation nationale fixée par le ministère de la Santé. Des orientations régionales, proposées par les agences régionales de santé pourront aussi compléter la ligne déterminée par le ministère.
Ces organismes DPC seront ensuite évalués par la  Commission scientifique du Haut Conseil des professions paramédicales composés de professionnels de santé qui sera chargée d’établir uneévaluation technique et scientifique des organismes et veillera à la qualité des programmes dispensés.  La commission formulera également un avis sur les orientations nationales du développement professionnel continu ainsi que sur les orientations régionales formulées par les agences régionales de santé.
C’est aussi cette instance qui dressera la liste des diplômes universitaires susceptibles d’être considérés comme équivalent à un programme de développement professionnel continu.
Les décrets régissant le DPC étant maintenant publiés, les organismes vont pouvoir s’enregistrer et les premiers programmes pourront débuter prochainement. La DGOS a toutefois prévu une certaine souplesse pour 2012 : Les infirmiers et qui ont participé en 2011 ou participeront en 2012 des actions de formation continue sont ainsi réputés avoir satisfait à l'obligation annuelle de DPC. Il suffit pour cela d’adresser un justificatif à l’employeur ou  à l’ordre.
Et les aides-soignants ?
C’est le même décret qui régit le DPC des aides-soignants. Ils doivent également réaliser un programme annuel obligatoire. Les actions seront financées selon le dispositif de formation professionnelle tout au long de la vie et les chefs d’établissement devront veiller au respect de l’obligation de formation.
Joël Ignasse




lundi 9 janvier 2012

Libérales : un optimisme singulier


Le premier Observatoire national des professions libérales de santé met à jour un malaise général et un manque de confiance dans l’avenir... À l’exception notable des infirmiers libéraux. Étonnant !


Il fallait une étude pour y croire : les infirmiers sont les professionnels libéraux de santé les plus optimistes ! Même si le premier Scan CMV Mediforce* 2012 modère l’enthousiasme de ces résultats, en précisant que c’est seulement en comparaison avec leurs collègues, imprégnés du pessimisme ambiant, que les infirmiers se distinguent... L’enquête a été conduite par la Sofres auprès de 450 libéraux : infirmiers, pharmaciens, médecins généralistes et spécialistes, dentistes, kinésithérapeutes et vétérinaires. Présentée à la fin du mois de novembre dernier, elle montre des Idels qui sanctionnent par une note de 7,1 sur 10 la « situation actuelle de leur profession ». Une jolie note, là où la moyenne de l’ensemble des professionnels atteint péniblement les 5,8 sur dix.

77 % exerceraient à nouveau leur métier
L’argent ne fait visiblement pas tout, puisque leur situation au bas de la grille des revenus n’entache pas cette bonne humeur. Et lorsqu’on leur demande s’ils exerceraient à nouveau leur métier si c’était à refaire, ils sont 77 % à répondre par l’affirmative. Mieux encore, ils recommanderaient très favorablement ce métier aux plus jeunes (65 % des infirmiers libéraux interrogés contre 43 % toutes professions confondues). Et en lui donnant un beau 6,2 sur dix, les infirmiers envisagent positivement l’avenir de leur profession. À titre de comparaison, ce sont les pharmaciens qui attribuent la plus mauvaise note à leur situation actuelle (4,3 sur dix) et à leur avenir (3,9), déconseillant aux jeunes de prendre le flambeau (à 75 %). Ils redoutent la baisse de leur chiffre d’affaires, dans un contexte marqué par la concurrence accrue d’Internet, la crainte de la vente des médicaments en grande surface, et la baisse des remboursements.

Prêts à investir
Pour autant, les infirmiers ne cèdent pas à un optimisme béat. Toujours vigilants, ils attendent une plus grande reconnaissance de la profession et une revalorisation de leurs actes, histoire de compenser d’éventuelles hausses des charges... Ils marquent toutefois leur singularité positive en estimant réaliser – et ce sont bien les seuls – un plus grand nombre d’actes qu’avant (55 % contre 38 %) et à se féliciter (45 % contre 23 %) d’un bon feeling avec des patients qui acceptent toujours les soins et traitements proposés.
Si l’on aborde les questions matérielles, de tout le panel, les Idels sont les plus nombreux à se contenter de louer leur cabinet (59 % contre 45 %). Soins à domicile oblige, ils préfèrent investir dans l’achat d’un véhicule professionnel que d’un local. Grands rouleurs, les infirmiers effectuent 22 300 kilomètres par an, de très loin le plus important kilométrage (13 400 en moyenne), qu’ils estiment augmenter d’année en année (un avis partagé par six infirmiers sur dix). Dans 83 % des cas, le véhicule est partagé entre l’usage privé et professionnel. Et, dans l’avenir, si neuf infirmiers sur dix envisagent d’investir, c’est en priorité dans du matériel médical et informatique, qu’ils renouvellent moins rapidement que les autres professionnels. Ils sont aussi nombreux à étudier la possibilité de rachat d’une patientèle (12 % contre 5 %). 
Mais leur optimisme s’étend aussi aux formes d’exercice en développement avec la loi HPST : ils sont ainsi 67 % à voir d’un œil positif l’exercice avec d’autres confrères sur un même lieu de travail, le plus fort pourcentage de tous les professionnels de santé interrogés. Cela ne pourra visiblement faire que du bien aux autres professionnels de côtoyer des Idels au moral aussi rayonnant ! 

Candice Moors

* CMV Mediforce est une société de BNP Paribas, spécialisée dans le financement des professions libérales de santé.

dimanche 11 décembre 2011

100 000 infirmières évoquent leurs conditions de travail

Selon Linda Aiken, auteure principal de l'étude et professeure en soins infirmiers et sociologie de l'université de Pennsylvanie, "le pourcentage d'infirmières en burn out est supérieur à un tiers dans la plupart des pays, et nettement plus élevé en Corée du sud et au Japon, près de 60% dans ces deux pays".
Pratiquement le moitié des infirmières dans tous les pays interrogés (excepté l'Allemagne) doutent notamment en la capacité des patients de gérer leurs soins après leur sortie.
"La façon dont les infirmières gèrent leur métier au sein de leur hôpital est un baromètre de la façon dont se débrouillent les patients dans ces mêmes structures"déclare le Linda Aiken.
De meilleures conditions de travail : une meilleure qualité des soins
Pour l'équipe de recherche, l’amélioration de la qualité des soins passe notamment par le recrutement de professionnels, l'amélioration des relations entre IDE et médecins, l'implication des infirmières dans la gestion de l'hôpital, ou un meilleur soutien managérial de celles et ceux qui sont au lit du patient.
Et le Dr Aiken d'ajouter : "Une attention accrue à l'amélioration de l'environnement de travail pourraient être associée à des gains substantiels dans la stabilisation de la main d'oeuvre infirmière, tout en améliorant la qualité des soins hospitaliers à travers le monde"
Rédaction ActuSoins

mercredi 23 novembre 2011

Patients non-francophones : une prise en charge complexe













Comment font les infirmières hospitalières pour communiquer avec des patients non-francophones et assurer leur prise en charge ? Parallèlement à la « débrouille », certains hôpitaux ont recours à des services d’interprétariat professionnel.

Il y a, en France, environ 7 millions de personnes étrangères et chaque année, quelque 70 millions de touristes visitent l’Hexagone.
Lorsqu’ils ont des problèmes de santé, face à des praticiens qui ne parlent pas leur langue, l’explication des soins peut s’avérer difficile.
« Je prends quotidiennement en charge des patients non-francophones », souligne Sylvie Aubrun, infirmière anesthésiste au bloc opératoire de l’hôpital Lariboisière dans le 10e arrondissement de Paris.
L’infirmière n’est pas entièrement satisfaite de la prise en charge offerte à ces patients d’un point de vue médico-légal et en termes de qualité des soins. « Un soigné qui ne comprend pas ce que nous lui disons ne peut pas participer aux soins, indique-t-elle. Il est difficile d’obtenir son consentement éclairé. »
Des solutions variées  
Quelles solutions se présentent aux infirmières ? « Dans notre hôpital, nous pouvons avoir recours aux personnels ressources, c’est-à-dire aux professionnels de santé qui parlent une autre langue, rapporte Sylvie Aubrun. Mais ils doivent tout de même être disponibles, ce qui n’est pas toujours le cas. »
L’Assistance-Publique Hôpitaux de Paris (AP-HP) a également mis à disposition de son personnel un kit de communication afin d’améliorer la prise en charge des personnes ayant des difficultés d’expression et/ou de compréhension.
A l’hôpital Lariboisière, l’association Inter service migrant (ISM) Interprétariat tient des permanences avec des traducteurs professionnels. « Nous l’utilisons peu au bloc, ce sont surtout les consultations qui y ont recours », note Sylvie Aubrun.
Les services peuvent également utiliser la consultation téléphonique offerte par ISM Interprétariat (30 euros le ¼ d’heure). Cette association, composée d’une équipe de 326 interprètes traduisant 105 langues et dialectes, propose aussi des traductions avec un interprète qui se déplace ponctuellement au sein des services hospitaliers (115 euros la demi-journée de trois heures).
" Les infirmières accèdent directement à nos prestations," fait savoir Abdelaziz Tabouri, directeur par intérim de l’association. "Elles sont les premières à être en contact avec les patients non francophones et leur famille, et donc à être confrontées au problème de la langue. »
L’association intervient dans l’ensemble des hôpitaux de l’AP-HP, qui demeure son premier client, et par téléphone dans les grandes villes de province comme à Marseille ou Brest.
Un recours indispensable
Néanmoins, la majorité des infirmières ont encore recours à la « débrouille ».
Par exemple, certains patients viennent accompagnés de personnes leur servant de traducteur, ce qui peut poser des problèmes éthiques. « Le patient ne dit pas tout devant sa mère, son père ou son fils qui lui sert d’interprète », constate l’infirmière. « Avec des interprètes non-professionnels se pose la question de la confidentialité, du respect du secret médical et de l’intimité du patient », poursuit Abdelaziz Tabouri.
A l’inverse, les interprètes professionnels sont formés sur le cœur du métier avec les exigences éthiques, professionnelles et déontologiques que cela implique, et à leur secteur d’intervention. « Il est très important de communiquer clairement avec les patients", soutient Sylvie Aubrun en précisant qu’il y a encore beaucoup à faire pour offrir la prise en charge idéale. "Mais les contraintes budgétaires nous limitent. »
Selon Abdelaziz Tabouri, la question financière n’est pas le frein principal du recours aux services d’ISM Interprétariat. « Le premier obstacle vient du fait que le personnel ne connait pas nécessairement l’existence de notre service. Il faudrait le sensibiliser à la problématique de l’accueil de qualité des patients car ce n’est pas un interprétariat de confort. Il participe à la bonne gestion de la santé et à l’équilibre financier de l’hôpital car il permet d’éviter des hospitalisations et permet donc des économies d’échelle. »
Autant d’offres dont ne bénéficient pas les infirmières libérales, faute de financement. De fait, « elles se débrouillent comme elles peuvent », indique le Sniil. « Elles doivent certainement puiser dans leurs compétences personnelles ou alors avoir recours à la famille », souligne  Philippe Tisserand, président de la FNI.
Laure Martin

Fédérer les infirmières francophones dans le monde : Une utopie ?

Nombreux sont les syndicats, les associations, les ordres, les coordinations ou les regroupements qui se disent représentatifs de la profession infirmière. De quoi s’y perdre parfois. Éclairage sur le SIDIIEF (Secrétariat International Des Infirmières et Infirmiers de l’Espace Francophone), dont la mission est de faciliter le partage des expériences et des savoirs infirmiers à travers l’espace francophone.
« C’est édifiant de voir tout ce qui est édité en anglais et qui ne l’est jamais en français. La langue française n’est malheureusement pas une priorité au niveau mondial et même l’OMS ne diffuse pas et n’utilise pas une partie de nos ouvrages ». Catherine Buzy, infirmière puéricultrice, est membre du SIDIIEF, au travers de l’association à laquelle elle appartient.
Cette organisation représente à ses yeux, un véritable réseau d’échange et d’opportunités pour les infirmières.« Par son intermédiaire, nous pouvons diffuser nos informations dans un espace suffisamment grand pour que ça nous touche tous ».
"Fédérer les infirmiers de l’espace francophone"
Basé au Québec, avec une antenne européenne en Suisse, le SIDIIEF est une organisation internationale non gouvernementale. Outre ses missions de diffusion d’informations, il cherche à fédérer les infirmiers de l’espace francophone et à valoriser le développement de la compétence professionnelle.
« Par exemple, dans  le cadre de notre plan triennal, nous avons mandaté la faculté de sciences infirmières de l’université de Montréal pour réaliser une étude sur les profils de formations des infirmières dans une vingtaine de pays de la francophonie afin d’avoir une idée sur l’état de la situation. À l’issue des conclusions du rapport, nous avons constitué un comité de travail international et nous avons proposé un mémoire pour expliquer l’enjeu de la formation universitaire initiale pour les infirmiers, qu’ils soient dans les pays du Nord, où dans les pays du Sud » explique Hélène Salette, secrétaire générale du SIDIIEF.
Parmi les autres axes de développement du SIDIIEF, figurent l’appui à la condition de la femme dans le monde et la collaboration Nord-Sud. L’Afrique est fortement représentée au SIDIIEF, notamment en république démocratique du Congo. En France, 66 membres y adhèrent, dont 12 associations et 5 institutions comme l’AP-HP.
L’existence du secrétariat est en général bien accueilli des syndicats infirmiers. « Il est essentiel de promouvoir la profession. En France, nous sommes très en retard, notamment en termes de LMD. Quand on voit au Liban ou au Québec ce que les infirmières arrivent à faire, on en est loin. D’où l’importance d’une organisation comme le SIDIIEF. », estime Thierry Amouroux, secrétaire général du SNPI (Syndicat National des Professionnels Infirmiers).
Afin de réunir les professionnels de tous pays, le SIDIIEF organise en mai 2012 à Genève, son cinquième congrès mondial des infirmières et infirmiers francophones. 1500 infirmières y sont attendues pour partager leurs savoirs et contribuer au développement de la santé ainsi qu'à la qualité des soins offerts aux populations. Avis aux amateurs de conférences et de tables rondes.
Malika Surbled

L’infirmier en oncologie au cœur du parcours de soins : rôle clinique et coordination multidisciplinaire en Algérie

   La prise en charge du cancer connaît une évolution importante en Algérie. L’augmentation du nombre de patients, la diversification des tr...