Les résultats de l'examen cytologique
L’Examen cytobactériologique des urines (ECBU) est un examen microbiologique qui permet à la fois de diagnostiquer une infection urinaire en identifiant le germe responsable et d’aider à choisir le meilleur traitement. Il est l’examen le plus demandé en pratique médicale et son interprétation est relativement facile, en théorie. Un manque de rigueur dans les étapes de sa réalisation peut néanmoins conduire à des résultats de qualité assez moyenne, et par conséquent, peu fiables.Aspect macroscopique
L’urine normale a une couleur claire, d’aspect jaune citron tandis que l’urine infectée est souvent trouble, d’odeur nauséabonde et de couleur plus foncée. Parfois, on note même la présence de sédiments tantôt blanchâtres (phosphates), tantôt rouge brique (acide urique ou urates).Examen Cytologique
Au cours de l’examen, on dénombre les différents éléments contenus dans un volume donné de l’urine étudiée. Le nombre de chacun d’entre eux est rapporté au ml. A l’état normal, l’urine est très pauvre en éléments cellulaires : les hématies (plus communément appelés globules rouges) dépassent rarement le nombre de 1000 et les leucocytes (globules blancs) le nombre de 10 000.► Les leucocytes
En cas d’infection urinaire, les leucocytes sont très souvent rencontrés en grand nombre, car la multiplication bactérienne s’accompagne d’une levée des défenses immunitaires. La leucocyturie est alors élevée (> 10 000 ml leucocytes/ml). On parle également de pyurie élevée, ce qui correspond à la présence de pus, elle-même correspondante à des leucocytes altérés dans les urines.
Attention, ce n’est pas parce que la leucocyturie est faiblement positive, voire négative, qu’il n’y a pas d’infection : certaines personnes (nouveau-nés, femmes enceintes, personnes séropositives...) peuvent avoir des défenses immunitaires affaiblies.
► Les hématies
En situation normale, les hématies sont rarement supérieurs à 10 000/ml d’urine. En cas de troubles anormaux, une forte hématurie peut même être repéré à l’œil nu. Les traumatismes, les calculs, les cystites hématuriques, la tuberculose, les tumeurs de l’appareil urinaire, les troubles de la coagulation (à la suite par exemple de traitements anticoagulants) peuvent en être à l’origine.
► Les cristaux
Les cristaux ne sont pas pathologiques lorsqu’ils sont constitués de substances présentes habituellement dans l’urine, comme l’acide oxalique, l’acide urique ou les sels de calcium. En revanche, les cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien peuvent révéler une infection urinaire causée par une bactérie uréasique.
► Les cylindres
Les cylindres urinaires sont constitués par une agglutination de protéines différentes dont l’origine peut permettre la suspicion d’une pathologie.
Les cylindres hématiques (qui contiennent des globules rouges) indiquent une probable atteinte des glomérules.
Les cylindres leucocytaires (qui contiennent des globules blancs) traduisent une maladie infectieuse.
Les cylindres hyalins (qui ont la transparence du verre) ne permettent pas d’affiner un diagnostic, même si ils sont assez fréquemment le signe d’une inflammation des reins.
En situation normale, cylindres hyalins < 8 /µL
Les cylindres granuleux s’observent dans toutes les pathologies rénales, tandis que les cylindres cireux en soulignent le stade avancé.
En situation normalen cylindres granuleux < 1 /µL
Les cylindres graisseux sont retrouvés en cas de glomérulonéphrite, une maladie des reins qui se caractérise par l’atteinte des glomérules.
► Les cellules épithéliales
La présence de ces cellules est sans signification car elle correspond à une perte tout à fait normale des cellules superficielles du tissu des voies urinaires basses. En revanche, la présence de plus de 3 cellules/µL d’urine suggère une possible affection tubulaire.
En situation normale, cellules épithéliales urothéliales (voies hautes) < 3 /µL
Les résultats de l'antibiogramme
L’antibiogramme est une technique de laboratoire qui vise à tester la sensibilité d’une souche bactérienne vis-à-vis de plusieurs antibiotiques. On place la culture de bactéries en présence des différents antibiotiques et on observe les conséquences sur le développement et la survie de cette dernière. Il existe ensuite trois interprétions différentes :
► La bactérie est sensible à l’antibiotique : il suffit d’une faible concentration de l’antibiotique en question pour tuer les bactéries et la dose nécessaire est administrable chez l’homme.
► La bactérie est résistante à l’antibiotique : la dose nécessaire pour tuer les bactéries est beaucoup trop élevée pour être supportée chez l’homme sans effets secondaires majeurs. Un tel antibiotique ne peut donc être utilisé pour traiter l’infection.
► La bactérie est intermédiaire à l’antibiotique : la dose nécessaire pour tuer les bactéries est tantôt administrable chez l’homme, tantôt dangereuse. Il faut donc considérer que la bactérie est résistante in vivo, c'est-à-dire dans l’organisme.
L’antibiogramme permet donc au médecin de choisir le meilleur traitement antibiotique individualisé contre la souche bactérienne responsable de l’infection.
Les résultats de l'examen par bandelette urinaire
L’analyse de l’urine par bandelettes est une des analyses les plus fréquentes. Elle permet de mettre en évidence les infections urogénitales, mais aussi divers troubles métaboliques, hépatiques et rénaux.Le test se compose d’une bandelette présentant des zones réactives permettant de rechercher dans l’urine la présence de différents éléments tels que les nitrites, les protéines, le glucose, les corps cétoniques, l’urobilinogène, la bilirubine mais aussi d’estimer la densité ou le pH.
Interprétation d'une bandelette réactive urinaire
Paramètres mesurables
La plupart des maladies de reins et des voies urinaires sont accompagnées d’altérations pathologiques de la composition de l’urine. Les plus importantes de ces altérations comme une bactériurie, protéinurie, leucocyturie et hématurie peuvent être décelées rapidement, simplement et simultanément. Les paramètres suivants peuvent être déterminés:- Poids spécifique (densité)
- pH
- Leucocytes
- Nitrites
- Protéines
- Glucose
- Corps cétoniques
- Urobilinogène
- Bilirubine
- Erythrocytes/Hémomoglobine
Le nombre des tests par bandelette peut varier. L’illustration ci-dessous montre une gamme de comparaison des couleurs.
Attention: Des échantillons d’urine peuvent avoir leur propre coloration forte (lors de présence de bilirubine ou de colorants extrinsèques, comme par exemple les médicaments), qui peut masquer la couleur de la vraie réaction.
Le status urinaire complet est le type d'analyse d'urine le plus courant pratiqué dans les hôpitaux et les cabinets médicaux.
Gamme de comparaison des couleurs d'un type de bandelettes.
Procédure
L’interprétation peut être soit visuelle soit évaluée avec un appareil automatique.| Interprétation visuelle des bandelettes | Automate pour la lecture photométrique des bandelettes |
Comme chaque surface de bandelette contient les quantités bien dosées et stables de réactifs standards, les tests sont simples:
- Plonger les bandelettes rapidement (1 seconde au maximum) dans l’urine de sorte que toutes les surfaces soient mouillées
- Essuyer le surplus d’urine sur le bord du récipient
- Comparer la réaction de la couleur avec la gamme des couleurs présentée (le temps de lecture peut varier suivant le produit, utiliser un chronomètre !). Une coloration qui apparaît sur la tranche de la bandelette ou qui n'apparaît qu'au bout de 2 minutes n'est pas valable et n'a pas de valeur diagnostique.
- Elle n'est pas influencée par la lumière ambiante.
- La coloration spontanée de l’urine est prise en compte.
- Les variations individuelles de l'interprétation des couleurs ne joue aucun rôle.
Important
L’échantillon d’urine ne devrait pas être entreposé pendant plus de 2h , ni être exposé à la lumière directe du soleil afin d'éviter les altérations de l'urine qui pourraient fausser les résultats.www.passeportsante.net
http://e-learning.studmed.unibe.ch/UroSurf_FR/theory/chemanal.html?urosurf|theory|chemanal









